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Le titre de ce dossier
fait référence à un ouvrage que les observateurs, commentateurs et politiciens
des débuts du XXème siècle auraient dû lire en leur temps : Der Mythus
des XX. Jahrhunderts [Le Mythe du XXème
Siècle].
Œuvre du théoricien du
nazisme Alfred Rosenberg – qui malgré son nom n’avait rien de juif – ce livre
contient tous les fantasmes qui, transformés en une politique, ont conduit
l’Allemagne, l’Europe et le monde au chaos de la seconde guerre mondiale et son
cortège d’horreurs.
Le théorie de l’espace
vital, du sous-homme, de la race élue et la justification de la guerre, tout
était dans ce livre.
Avec le document du PNAC,
nous revivons le même cauchemar. On m’objectera que les temps ont changé et que
les États-Unis ne sont pas l’Allemagne nazie.
Certes, les États-Unis ne sont pas l’Allemagne. Mais les États-Unis
semblent bien être tombés dans des mains qui ne valent pas beaucoup mieux.
Ce document, beaucoup plus court que le livre de Rosenberg,
contient néanmoins bien des choses qui expliquent les turpitudes auxquelles on
a assisté depuis ce nouveau Pearl Harbor qu’a été le 11 Septembre.
Il m’a semblé utile de porter à la connaissance du lecteur non
seulement la teneur mais encore le texte intégral en français de ce Projet pour
un Nouveau Siècle Américain, car il démontre à qui veut se donner la peine de
le lire que le pire est encore à venir.
Il sera violent, militaire, touchera tous les domaines de notre
vie, de la vie courante à la culture. Les combats auront lieu sur la Terre,
dans l’Espace et dans le Cyberespace.
Pour vous présenter ce texte, je procèderai par étapes, en
commentant tout ce qui me semble à double sens, tout ce qui contient des
sous-entendus et des non-dits.
On peut trouver le texte en anglais du PNAC sur l’Internet. Je m’en
suis procuré plusieurs versions qui ne diffèrent que très peu, sauf par la
liste des participants. J’ai ajouté une liste plus complète que celle qui a été
diffusée dans le document que le PNAC a lui-même diffusé.
Je n’ai pas trouvé d’autre traduction en français qu’une tentative
louable, mais partielle et qui témoigne de ce que le traducteur bénévole ne
connaît pas suffisamment la linguistique militaire et stratégique américaine,
et que ses connaissances en vocabulaire militaire français sont assez
approximatives. Je salue néanmoins ses efforts car ce travail était difficile.
Lorsque mes propres travaux de traduction m’ont laissé un peu de temps, je me
suis attelé à ce travail que je viens de finir.
Un dernier commentaire, le Projet pour un Nouveau Siècle Américain
est un groupe d’hommes, un de ces groupes de réflexion que les États-uniens
nomment un Think Tank un « réservoir de
réflexion ».
Je vous laisse maintenant lire le préambule de ce texte que je
mettrai en ligne progressivement.
Reconstruire les défenses
de l’Amérique
La
stratégie, les forces armées
et les
ressources
pour un
siècle nouveau
Un
rapport du
Projet
pour le Nouveau Siècle Américain
Septembre 2000
À propos du Projet pour le
Nouveau Siècle Américain
Fondé
au printemps de 1997, le Projet pour le Nouveau Siècle Américain est un
organisme pédagogique à but non lucratif dont le but est de promouvoir l’hégémonie
des États-Unis sur le monde. Le projet est une initiative du Projet pour une
Nouvelle Citoyenneté. Son président est William Kristol ;
Robert Kagan, Devon Gaffney Cross, Bruce P. Jackson
et John R. Bolton en sont les directeurs et Gary Schmitt en est le Directeur
exécutif.
« Au
moment où le XXème siècle touche à sa fin, les États-Unis se trouvent être la
puissance mondiale la plus prééminente. Après avoir conduit l’Occident à la
victoire dans la Guerre Froide, l’Amérique fait face à une occasion favorable
et un défi : Les États-Unis envisagent-ils de tirer parti des réussites
des dernières décennies ? Les États-Unis sont-ils résolus à modeler un
siècle favorables aux principes et aux intérêts américains ?
[Ce dont
nous nous avons besoin, c’est] d’une armée([1])
puissante et prête à faire face aux défis présents et à venir, d’une politique
étrangère qui promeuve hardiment et résolument les principes américains à
l’étranger, d’un pouvoir national qui accepte les responsabilités mondiales des
États-Unis.
Naturellement,
les États-Unis doivent se montrer prudents dans la façon d’exercer leur
puissance. Seulement, on ne peut en toute sécurité dissocier les
responsabilités de l’hégémonie mondiale des coûts qu’entraîne l’exercice de
cette autorité. L’Amérique joue un rôle vital dans le maintien de la paix et de
la sécurité en Europe, en Asie et au Moyen Orient. Si nous ne prenons pas nos
responsabilités, nous susciterons des défis envers nos intérêts fondamentaux.
L’histoire du XXème siècle doit nous enseigner qu’il est important d’organiser
les situations avant que les crises ne surviennent et de faire face aux menaces
avant qu’elles ne deviennent extrêmes. L’histoire du XXème siècle doit nous
inciter à prendre fait et cause pour l’hégémonie américaine.
─ Tiré de la déclaration
fondatrice du Projet, f : Les principes
____PROJECT FOR THE NEW AMERICAN
CENTURY____
Telephone:
(202) 293-4983 / Fax: (202) 293-4572
Reconstruire
les défenses
de l’Amérique
La
stratégie, les forces armées
et les
ressources
pour un
siècle nouveau
DONALD KAGAN GARY SCHMITT
Coprésident
du Projet
THOMAS DONNELLY
Auteur
principal
Reconstruire les défenses de l’Amérique
La
stratégie, les forces armées et les ressources pour un siècle nouveau
Sommaire
Introduction
Idées maîtresses
I. Pourquoi une nouvelle étude sur la Défense ?
II. Quatre missions essentielles
III. Le redéploiement des forces actuelles
IV. Reconstruire les forces armées actuelles
V. Créer la force dominante de demain
VI. Les dépenses de défense
Les participants au Projet
_________________________________________________________________________
INTRODUCTION
Le Projet pour le Nouveau
Siècle Américain a été fondé au printemps de 1997. Dès le début de ses
activités, le Projet s’est inquiété de l’affaiblissement des défenses de
l’Amérique et des difficultés qu’elle allait poser à l’hégémonie américaine sur
le monde, et de ce fait à la sauvegarde de la paix.
Nos préoccupations se sont
trouvées renforcées par deux études sur la défense commandées par le Congrès et
qui sont parues peu après : l’étude quadriennale du Pentagone sur la
Défense de mai 1997 et le rapport du National Defense
Panel [Comité National de Défense] ou NDP, de décembre 1997. Les deux
études concluaient que les budgets de défense des États-Unis allaient stagner
voire continuer à baisser. Le résultat en était que les planifications de
défense et les recommandations que contenaient ces deux rapports étaient
établies en gardant à l’esprit ces contraintes budgétaires. D’une manière
générale, L’étude quadriennale sur la défense limitait aux besoins militaires
actuels les dépenses pour faire face aux besoins de défense à venir, alors que
le rapport du NDP mettait l’accent sur les besoins à venir en sous-estimant des
responsabilités actuelles en matière de défense.
Bien que l’étude
quadriennale et le rapport du NDP proposent des politiques différentes, ils
avaient en commun un caractère sous-jacent : il fallait réduire l’écart
entre les ressources et les besoins stratégiques, non en augmentant les
ressources mais en réduisant les ambitions stratégiques. Il semblait que les
forces armées américaines doivent préparer l’avenir soit en abandonnant leur rôle
de principal défenseur de la sécurité planétaire, soit en expédiant les
affaires courantes sans tenir compte des menaces ni des théâtres d’opérations à
venir.
De nos
jours, les États-Unis n’ont à l’échelle mondiale aucun rival. La grande
stratégie de l’Amérique se doit de préserver et accroître cette position
favorable pour une durée à venir aussi longue que possible.
Les deux termes de l’alternative nous semblaient être à courte vue. Les
États-Unis sont la seule superpuissance au monde, combinant une puissance
militaire prééminente, une primauté technique à l’échelle mondiale et
l’économie la plus puissante au monde. De plus, l’Amérique est à la tête d’un
système d’alliances qui regroupent les autres puissances démocratiques
dirigeantes de la planète. À l’heure actuelle, les États-Unis n’ont aucun
rival. La grande stratégie de l’Amérique se doit de préserver et accroître
cette position favorable pour une durée à venir aussi longue que possible.
Toutefois, il existe des États potentiellement puissants qui ne se satisfont
pas de la situation présente et désirent la faire évoluer s’ils le peuvent dans
des directions qui mettent en danger l’état de paix relative, de prospérité et
de liberté dont le monde jouit aujourd’hui. Jusqu’à présent, ils ont été dissuadés
d’agir par les capacités et l’étendue mondiale de la puissance militaire
américaine. Seulement, dans la mesure où cette puissance décline, de façon
relative mais aussi dans l’absolu, les conditions heureuses qu’elle assure
seront inéluctablement mises à mal.
Pour préserver la situation stratégique enviable dans laquelle se trouvent
en ce moment les États-Unis, il leur faut disposer de la prééminence militaire
tant aujourd’hui qu’à l’avenir. Or, des années de réductions des dépenses
militaires ont érodé le niveau de préparation opérationnelle de l’armée
américaine et mis en danger les plans du Pentagone visant à maintenir la
supériorité de nos forces dans les années à venir. L’armée américaine s’est
trouvée de plus en plus en sous-effectif, mal équipée et entraînée, tendant à
conduire des opérations de circonstance([2])
et mal préparée à s’adapter à la révolution dans le domaine militaire. En
l’absence d’une politique de défense bien conçue et faute d’augmentation idoine
des dépenses de défense, les États-Unis se sont aliéné toute possibilité de
tirer pleinement parti des conditions stratégiques remarquables qui s’offrent à
eux.
En gardant ceci à l’esprit, nous avons conçu au printemps de 1998 d’étudier
les plans de défense du pays et ses besoins en matière de ressources. Nous
sommes partis du principe que les capacités militaires des États-Unis devaient
suffire à soutenir une grande stratégie américaine visant à tirer parti de
cette situation favorable sans précédent. Nous avons rejeté toutes les
contraintes préétablies venant d’hypothèses portant sur ce que le pays voudrait
ou ne voudrait pas dépenser pour sa défense.
D’une façon générale, nous considérons que cette étude consiste à bâtir une
stratégie dont les contours ont été dessinés par le ministère de la défense de
Cheney dans les derniers jours de l’administration Bush([3]).
Les Conseils en matière de Politique de Défense (CPD) préparés dans les
premiers mois de 1992 ont présenté un plan directeur pour le maintien de la
prééminence des États-Unis, écartant l’émergence d’une grande puissance rivale,
et façonnant l’ordre de sécurité mondiale selon les principes et les intérêts
américains.
Divulgué avant d’avoir été approuvé officiellement, le document a été
critiqué comme étant une tentative des « tenants de la guerre
froide » pour maintenir l’effort de défense à un haut niveau et limiter la
réduction des forces malgré l’effondrement de l’URSS. Il a en conséquence été
enterré par la nouvelle administration, ce qui n’a rien de surprenant.
Bien que notre expérience des huit années écoulées ait modifié notre façon
de considérer les besoins militaires exigés par la mise en œuvre d’une telle
stratégie, les principes fondamentaux des CPD restent, à notre avis, valables.
Et ce que le Secrétaire à la Défense Cheney a dit à l’époque, en réponse
aux critiques lancées contre les CPD, reste vrai : « Nous pouvons
soit conserver les [forces] armées dont nous avons besoin et rester en
situation de façonner les événements pour le mieux, soit laisser disparaître cet
avantage. [Seulement] cela accélèrerait l’arrivée du moment où nous nous
devrions faire face à des menaces plus graves, à un coût plus élevé en budget
et avec des risques plus gaves pour les vies américaines. »
L’étude a été conduite sous forme d’une série de séminaires. Nous avons
demandé à des remarquables spécialistes de la défense de produire des documents
visant à étudier différents sujets : les missions et les besoins à venir
pour chaque armée, le rôle des réservistes, la doctrine nucléaire stratégique
et les défenses antimissile, le budget de la défense et les perspectives de
modernisation des armées, l’état des forces actuelles (Entraînement et aptitude
opérationnelle), la révolution dans le domaine militaire, et la planification
de défense pour les conflits majeurs, les conflits de faible intensité et les
opérations de police. Ces documents ont circulé au sein de groupes de
participants sélectionnés pour leur expérience et leurs qualités de jugement en
matière de défense.
(On trouvera la liste des
participants à la fin du présent rapport). Chaque document est devenu une base
de discussion et de débat. Notre but était de se servir de ces documents pour
aider aux délibérations, pour générer et évaluer les idées et pour nous aider à
mettre au point notre rapport final.
Alors que chaque document
partait d’un point de vue stratégique commun, nous n’avons pas essayé d’imposer
nos vues ni donné de directives lors de la rédaction de chacun d’entre eux.
Nous souhaitions une discussion aussi complète et ouverte que possible.
Notre rapport emprunte
largement à ces délibérations. Seulement, nous n’avons pas demandé aux
participants aux séminaires d’« entériner » le rapport final.
Nous souhaitions des discussions franches et avons cherché à éviter le piège
que représente la tentative de produire un texte consensuel mais fade. Nous
avons souhaité définir et présenter une stratégie de défense honnête,
réfléchie, audacieuse, logique et claire. Nous avons aussi voulu provoquer une
discussion sérieuse et documentée, premier pas essentiel pour parvenir à des
conclusions sensées et obtenir le soutien de l’opinion.
De nouvelles circonstances
nous conduisent à penser que ce rapport pourrait trouver un auditoire plus
réceptif aujourd’hui que dans les années récentes. Pour la première fois depuis
la fin des années soixante, le gouvernement fédéral gère des excédents. Pendant
la plus grande partie des années soixante, le Congrès et la Maison Blanche ont
donné la priorité à l’équilibre budgétaire sur le financement de la sécurité
nationale. En fait, dans une large mesure, le budget s’équilibrait grâce à une
combinaison d’accroissements des impôts et de baisses du budget de la défense.
Toutefois, l’excédent budgétaire auquel on s’attend dans la décennie à venir
fait disparaître la nécessité de maintenir les dépenses de défense à un faible
niveau préétabli.
De plus, le peuple
américain et ses représentants élus ont largement pris conscience du déclin de
l’armée américaine. De nouveaux articles, des rapports du Pentagone, des
témoignages de parlementaires, et des récits anecdotiques venant de membres des
armées donnent une image inquiétante d’une armée américaine troublée par le
faible taux d’engagement et de renouvellements de contrats, les mauvaises
conditions de logement, le manque de pièces détachées et d’armes ainsi que par
la diminution de l’aptitude opérationnelle.
Enfin, ce rapport arrive
après une décennie riche de l’expérience des relations avec le monde de
l’après-Guerre Froide. Les tentatives précédentes pour concevoir une stratégie
de défense cadrant avec l’environnement sécuritaire actuel avaient été forcées
de raisonner à partir d’affirmations non vérifiées sur la nature d’un monde
sans rival super-puissant [face aux États-Unis]. Nous
avons maintenant une bien meilleure perception de ce que sont nos
responsabilités, de ce que peuvent être les menaces à notre encontre dans ce
nouvel environnement sécuritaire et de ce qui sera nécessaire pour assurer nos
relatives paix et sécurité. Nous estimons que notre rapport reflète cette
décennie riche d’expérience et en a tiré profit.
Notre rapport paraît en une
année d’élection présidentielle. La nouvelle administration aura besoin de
produire une deuxième Étude Quadriennale sur la Défense peu après son entrée en
fonction. Nous espérons que le rapport du Projet sera utile comme feuille de
route pour la planification de défense du pays, présente et à venir. Nous
pensons présenter un programme de défense étayé par l’évidence, qui s’appuie
sur un examen honnête des problèmes et des solutions, et qui n’évite pas de
regarder en face le coût réel de la sécurité. Nous espérons qu’il suscitera un
intérêt attentif et un débat sérieux. Le monde de l’après-Guerre Froide ne
restera pas en paix relative si nous continuons à négliger la politique
étrangère et les questions de défense. Or, l’attention sérieuse, la réflexion
approfondie et la volonté de consacrer les ressources adéquates au maintien de
la puissance militaire américaine peuvent rendre le monde plus sûr et mieux
garantir les intérêts américains maintenant et à l’avenir.
Donald
Kagan Gary Schmitt
Coprésident
du Projet
Thomas Donnelly
Auteur
principal
Idées maîtresses
Ce rapport procède de la conviction que l’Amérique
doit chercher à préserver et renforcer sa situation d’hégémonie mondiale en
maintenant la prééminence des forces armées des États-Unis. Les États-Unis
jouissent aujourd’hui d’une situation stratégique favorable sans précédent dans
l’histoire.
Ils n’ont à faire face à aucun défi de grande
puissance, ils ont le soutien d’alliés riches, puissants et démocratiques sur
tous les continents, ils connaissent la plus longue période d’expansion
économique de leur histoire et leurs principes politiques et économiques ont
été presque universellement adoptés. Jamais au cours de l’Histoire l’ordre
sécuritaire international n’a été aussi favorable aux intérêts et aux idéaux
américains. Le défi du siècle à venir est de préserver et développer cette
« Paix Américaine ».
Cependant, à moins que les États-Unis ne
conservent une puissance militaire suffisante, cette situation favorable va se
perdre. Et de fait, au cours de la décennie écoulée, le fait de n’avoir pas mis
au point de stratégie de sécurité en mesure de répondre aux nouvelles réalités
du monde et de pourvoir en ressources adaptées à tout l’éventail des missions
nécessaire à l’exercice de l’hégémonie mondiale des États-Unis a placé la paix
américaine en situation de risque croissant. Le présent rapport tente de définir
ces besoins. En particulier, il nous faut :
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Donner quatre missions
de base aux forces armées américaines :
Pour remplir ces missions de
base, nous devons consacrer suffisamment d’énergie de dotations budgétaires.
En particulier, il faut que les États-Unis : Conservent
la supériorité nucléaire stratégique, en
appuyant la dissuasion sur une évaluation d’un réseau global et nucléaire qui
prenne en compte tout l’éventail des menaces actuelles et émergentes et non
le simple équilibre USA – Russie. Relever
les effectifs des forces actuelles approximativement
au niveau prévu dans la « force de base » définie par
l’administration Bush, à savoir un accroissement de personnel en activité de
1,4 millions à 1,6 millions. Redéployer
les forces des États-Unis pour répondre aux
réalités stratégiques du XXIème siècle en déployant des forces permanentes au
Sud-est de l’Europe et en Asie du Sud-est ainsi qu’en modifiant le schéma de
déploiement naval pour cadrer avec les préoccupations stratégiques des
États-Unis en Asie Orientale. Moderniser
les forces armées actuelles de façon sélective, en conduisant le programme F-22 tout en augmentant les
achats d’avions à électronique embarquée et autres types d’appareils, en
augmentant la flotte des sous-marins et bâtiments de combat de surface, en
achetant des hélicoptères Comanche et des véhicules de tonnage moyen pour
l’armée de Terre ainsi que des avions V22-Osprey à rotor pivotant pour le
Corps des Marines Annuler
les programmes « freins », comme le
Joint Strike Fighter
[avion de combat interarmées], le
porte-avion CVX et le système d’arme d’obusier Crusader
qui absorbent un montant exorbitant des fonds du Pentagone tout en
n’apportant que peu d’améliorations aux capacités actuelles. Les économies
liées à la suppression de ces programmes pourraient servir à intensifier le
processus de la transformation des armées. Mettre
au point et déployer des défenses anti-missiles mondiales pour protéger le territoire national américain et nos
alliés et assurer une base sûre à la projection de la puissance des
États-Unis autour du monde. Prendre
le contrôle des nouveaux « espace et cyberespace communs », et ouvrir la route à la création d’une nouvelle armée –
les forces spatiales des États-Unis – ayant pour mission de contrôler
l’espace. Mettre
à profit la « révolution dans le domaine militaire » en vue d’assurer à long terme la supériorité des forces
conventionnelles américaines. Mettre sur pied une transformation en deux
temps qui
Accroître le budget de la défense en le faisant passer progressivement de 3,5 à 3,8% du PIB
en augmentant chaque année de 15 à 20 milliards de dollars le budget global
de la défense. Il est primordial de
répondre à ces exigences si l’Amérique doit conserver dans les décennies à
venir son statut de pays dominant au plan militaire. A contrario, le
fait de ne pas satisfaire à ne fût-ce qu’une de ces exigences conduirait
inévitablement à une sorte de repli stratégique. Au niveau actuel des
dépenses de défense, la seule solution est de tenter sans succès de
« gérer » des risques toujours croissants en finançant les besoins
actuels, par l’hypothèque posée sur ceux de l’avenir, en se retirant des opérations
de police afin de conserver des moyens pour les conflits majeurs et en
« choisissant » entre la présence en Europe et la présence en Asie,
etc. Il s’agit là de mauvaises options, ainsi que d’économies mal pensées. Les
« économies » faites en se retirant des Balkans, par exemple, ne
libèreraient pas, et de loin, suffisamment de fonds pour assurer la
modernisation ou la transformation des armées. Il s’agit également de fausses
économies dans d’autres domaines encore plus graves. Ce que coûterait en
réalité le fait de ne pas faire face aux besoins de notre défense serait la
réduction de la capacité des États-Unis à assurer l’hégémonie mondiale et in
fine signifierait la fin de l’ordre sécuritaire mondial qui est le seul
favorable aux principes et à la prospérité des États-Unis. |
En avant programme du texte,
je ne résite pas à vous en faire lire un passage :
En outre, le processus de reconversion, même
s’il introduit un changement radical, sera vraisemblablement long, à moins d’un
événement catastrophique jouant le rôle de catalyseur – comme un nouveau
Pearl Harbor. La politique intérieure et la politique industrielle
conditionneront le rythme et le contenu de la reconversion autant que les
exigences que posent les nouvelles missions. La décision de suspendre la
construction de porte-avions ou de la suspendre comme le préconise le présent
rapport et comme justifié par l’orientation claire de l’industrie militaire
entraînera de grands bouleversements. De la même façon, des systèmes d’armes
qui entrent aujourd’hui en phase de production, comme le chasseur F-22 par
exemple, feront partie des tableaux de dotation des armées pendant plusieurs
décennies à venir. Une gestion avisée de ce processus consistera dans une large
mesure à choisir le bon moment pour arrêter la production de l’armement qui
correspond au paradigme actuel et évoluer vers des concepts radicalement
différents. Les dépenses liées à certains programmes peuvent être une pierre
d’achoppement pour un processus d’évolution plus étendu – le programme d’avion
de combat interarmées, avec un total d’environ 200 milliards de dollars semble
un investissement inconsidéré. Ainsi, le présent rapport plaide pour une
évolution en deux temps, transition puis transformation, sur les décennies à
venir.
(Document du PNAC)
Lien vers le Chapitre 1 : Pourquoi une nouvelle étude sur la défense
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Aller au Chapitre 4 : Reconstruire les forces actuelles
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[1] Il s’agit ici des forces armées en général. Celles-ci se composent aux États-Unis de quatre « services », ou armées : l’armée de terre, la marine, les Marines et l’armée de l’air.
[2] Contingency opérations : Opérations de circonstance. Il s’agit d’opérations imprévues montées en fonction des circonstances, par opposition aux opérations planifiées montées, celles-ci, en partant des plans génériques de défense établis en fonction des menaces prévisibles.
[3] Il s’agit du premier président Bush, ce document ayant été rédigé au temps de l’administration Clinton. (Rappel du traducteur)